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Marché

Avec ses 3.592 km de voies, la Belgique dispose d’un réseau ferroviaire dense. La totalité de ce réseau est géré par l’entreprise publique Infrabel

1 . L’accès au réseau ferroviaire belge

Depuis le début 2007, le transport ferroviaire de marchandises en Belgique est complètement libéralisé. Le 1er janvier 2010, le transport ferroviaire international des passagers a suivi. Il est désormais permis aux entreprises ferroviaires, au cours d'un service international de transport de voyageurs, de prendre et de déposer des voyageurs entre des gares belges. Le but principal de ce service doit toutefois rester le service international de transport de voyageurs.

Les service de transport national de voyageurs n’étant pas liberalisé en Belgique, seule la SNCB peut réaliser ce transport.

Le document de référence du réseau publié chaque année par Infrabel, contient une description du réseau et des conditions pour y accéder.

Toute entreprise qui souhaite effectuer du transport ferroviaire de marchandises ou du transport international ferroviaire des passagers et disposer d'un accès au réseau ferroviaire doit satisfaire aux conditions suivantes:

Pour une utilisation effective du réseau, l’entreprise ferroviaire doit également conclure une convention d’utilisation (CU) avec Infrabel – Direction Accès au Réseau.

2. Situation économique du secteur

2.1 Transport de marchandises

Le Service de Régulation constate que le nombre d’entreprises ferroviaires qui circulent effectivement en Belgique a doublé au cours des cinq dernières années. La part de marché cumulée des nouveaux entrants a également connu une forte croissance. Alors qu’en 2007, les nouveaux venus représentaient moins de 5 % du marché, leur part dépasse les 18 % en 2013. Cependant, seuls trois des nouveaux entrants ont une part de marché supérieure à 1%, le plus important d'entre eux atteint environ un dixième du marché. On peut dire que la concurrence sur le marché a donc légèrement augmenté durant les cinq dernières années. Bien entendu, les nouveaux entrants sont principalement actifs sur les segments rentables des chargements ferroviaires complets.

Le nombre d'entreprises ferroviaires qui circulent en Belgique a progressivement augmenté au cours de ces dernières années. En 2013, avec l'entrée de PKP, un nouvel opérateur polonais, 13 entreprises ferroviaires circulaient en Belgique soit en plus que l'an dernier. Il convient cependant de faire remarquer que 2 entreprises ferroviaires n’ont exécuté qu’un seul sillon. Cette démarche visait probablement au maintien du certificat de sécurité.

Grafiek 1 markt fr

En Belgique, le marché du transport ferroviaire de marchandises a connu, fin 2008, un net recul dû à la crise des matières premières, laquelle a ensuite débouché sur la crise financière. Cette contraction est clairement visible sur le graphique ci-dessous, qui indique une forte régression des tonnes-kilomètres parcourues. En 2010 et 2011, le marché a renoué avec la croissance mais à partir de 2012, la crise de la dette dans la zone européenne a marqué un nouveau recul. Cette tendance négative s'est poursuivie en 2013. Le nombre de tonnes-kilomètres parcourus est passé en dessous de son niveau le plus bas de l'année de crise de 2009.  

Evolution tonnes-km - grafiek 2 fr

Le transport de marchandises sur le territoire belge dépend étroitement de l'évolution de l'activité économique. En 2013, l'économie belge n'a pratiquement pas connu de croissance ce qui s'est traduit par une réduction du nombre total de tonnes transportées.

Pour le secteur du rail, la stagnation économique est évoquée comme raison majeure pour expliquer ce recul qui a eu un impact sérieux sur le portefeuille des clients et qui a conduit à différentes restructurations et fermetures.

En raison de la situation économique, certains subsides pour le transport intermodal et le transport combiné ont étésupprimés. La suppression de ces subsides a entraîné la fermeture du Main Hub et le démantèlement/l'arrêt d'un certain nombre de services structurellement non rentables dont Narcon et Rail/barge.

A première vue, les nouveaux entrants semblaient moins ressentir les effets de la situation économique. Ils sont parvenus non seulement à accroître leur part de marché, mais également à enregistrer une croissance positive en chiffres absolus (tonnes-kilomètres). Il n’est pas impossible que le type de transport exécuté par l’opérateur historique joue ici un rôle important. Ceci concerne en particulier le transport diffus et les secteurs plus traditionnels (acier, vrac, chimie). Ce type d'activités a souffert davantage que d'autres de la situation économique.

Le Conseil des ministres a marqué son accord pour l'instauration d'un mécanisme d'aide au transport ferroviaire de marchandises, plus particulièrement au transport combiné et au transport diffus. Pour 2014, le montant global approuvé s'élève à 15 millions d’euros. Pour 2014, les perspectives de croissance tant pour l'économie que pour le transport de marchandises sont modérément positives, avec une croissance annoncée du PIB de 1,5% (OCDE) et de 2% des tonnes-kilomètres (TPR).

Pendant la période allant de 2006 à 2008, il a été observé chez les opérateurs historiques une tendance à se transformeren structures logistiques intégrées. Ces dernières années, des opérateurs privés ont également fait leur apparition sur le marché.

2.2. Transport international de voyageurs

Depuis le 1er janvier 2010, le marché du transport international de voyageurs est libéralisé. Le Service de Régulation constate, tout comme l'an dernier, l’absence d’une réelle dynamique sur ce marché. L’opérateur historique n’est pas confronté à la concurrence et il est toujours question de quasi-monopole.

Le seul nouvel opérateur est Eurostar Int. Limited, qui assure la liaison Bruxelles-Londres. Cette entreprise est toutefois une joint-venture réunissant la SNCB, la SNCF et LCR (London and Continental Railways). Comme l’indique le graphique ci-après, cette compagnie représente, à elle seule, près d'un dixième du transport international de voyageurs.

Part de marché nouveaux entrants - grafiek 3

Le marché du transport de marchandises compte en moyenne deux nouveaux entrants par an. Le transport international de voyageurs ne connaît par contre pas d’évolution semblable. En effet, un certain nombre d’obstacles entravent la concurrence sur ce marché. Citons, par exemple, les barrières technologiques, comme les coûts d’investissement élevés et les exigences d’interopérabilité imposées aux nouveaux opérateurs, ainsi que les dispositions légales qui brident le cabotage. Il est évident que ces restrictions freinent la dynamique du marché.

Du fait de la politique de placement de produit de la SNCB, le consommateur peut avoir l'impression qu'il existe plusieurs entreprises actives sur le marché. Des produits comme le Thalys et l'ICE se positionnent comme des marques individuelles pour les voyageurs internationaux notamment en raison de leurs rames et marketing propres. Bien que la concurrence sur le marché du transport international de voyageurs peut sembler avoir augmenté dans les faits, ce marché, est toujours de type monopolistique.